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Une jeune femme assassinée dans un quartier populaire de Jérémie

Depuis le passage du cyclone Matthew en octobre 2016, un phénomène requiert l’attention des acteurs et des citoyens concernés, la recrudescence de la violence dans le département de la Grand’Anse, en particulier à Jérémie. La dernière manifestation en date, le corps d’une jeune femme ensanglantée, tuée vraisemblablement par balle, découverte à son domicile, le jeudi 7 mars, dans un quartier populaire de Jérémie, Caracolie 2.

La nouvelle victime des actes de violence qui se sont intensifiés à Jérémie depuis le passage du cyclone Matthew est une jeune femme de 25 ans, Lourdine Michel. Elle a été retrouvée dans son domicile, à Caracolie 2, quartier populaire de Jérémie, le jeudi 7 juin 2018. Vraisemblablement assassinée, en position assise. Elle avait le cou transpercé par un projectile. Des deux orifices laissés par la balle dont la douille a été retrouvée sur le parquet, le sang avait jaillit pour maculer le sol jusqu’en direction de la porte de sortie où l’on peut voir une entaille, à l’intervention des autorités policières et judiciaires dont le commissaire du gouvernement Bergemane Sylvain,, vers 8h30 a.m., pour le constat légal.

Crime passionnel ou prémédité ?

Selon l’officier du parquet, la justice est à la recherche de son partenaire, Daryl Jean Louis, qui ne s’est pas présenté à son poste de chauffeur à Médecins du monde. Il s’est tout simplement évaporé dans la nature depuis la tragédie. Or la victime a été retrouvée dans son appartement fermé à clef qu’elle partageait avec son concubin depuis environ deux ans. Selon les voisins, Daryl Jean Louis, partenaire de Lourdine Michel, est la dernière personne vue, entre 10h et 11h p.m., avec la jeune femme assassinée, tous les deux apparemment en bons termes, quoique le parquet ait recueilli parmi ses premiers éléments d’information une éventuelle brouille entre le couple dans la matinée, probablement née d’une scène de jalousie. Préméditation, ou crime passionnel ou autre ? À ce stade de l’enquête préliminaire, tous les éléments ne sont pas encore réunis en vue de déterminer les mobiles de l’acte criminel.

En fait, ce sont les coulées de sang sous la porte de la victime maculant encore jusque dans l’après-midi la scène du crime qui ont éveillé la curiosité des enfants qui ont alarmé leur mère, André Mirlène, une voisine. Celle-ci a témoigné qu’après avoir cogné à la porte sans obtenir de réponse, elle s’est dépêchée d’alerter la police. Une information confirmée par le commissaire du gouvernement, qui dit avoir apprécié la collaboration de celle qui, pourtant, fut gardée à vue plus d’une demi-journée, s’est-elle plaint au journal, par les autorités policières dont certains, selon son témoignage, ont essayé de l’intimider. Si ce fait s’était effectivement produit ne serait-ce pas là une autre forme de violence qui dissuaderait les citoyens de collaborer dans le futur avec les autorités qui cherchent à mater le phénomène de l’insécurité grandissant qui sévit dans le pays.

La violence familiale en mode croissant

En tout cas, le drame n’a pas manqué d’attirer l’attention de la responsable du Ministère à la Condition féminine et aux droits des femmes (MCFDF) dans la Grand’Anse, Mme Thérèse Pacaud. C’est avec tristesse, déplore-t-elle, qu’elle voit un accroissement du phénomène de l’insécurité dans le département, combiné avec une recrudescence de la violence sur les femmes et les filles, dont des cas de violence communautaire, incluant des voies de fait, des agressions sexuelles, mais en particulier des cas de violence familiale. « Sur chaque 20 cas rapportés au bureau du MCFDF, environ douze peuvent être assimilés à de la violence d’un partenaire ou d’un conjoint sur sa partenaire ou sa conjointe », selon Mme Pacaud. « Ce matin encore, continue-t-elle, nous avons reçu deux cas, dont l’un combine à la fois la violence physique, la violence psychologique et la violence économique exercées sur une femme, en ce sens que son partenaire tout en la maltraitant, l’intimidait constamment et la privait du pouvoir économique pour s’alimenter convenablement ». La responsable départementale du MCFDF en a profité pour égratigner le système judiciaire et l’institution policière qu’elle estime à la fois trop lents et trop cléments parfois envers les coupables.

Interrogée par le journal, Mme Pacaud confie qu’un travail de plaidoyer, d’accompagnement des victimes et d’éducation de masse doit être effectué sans répit en vue de résorber le problème posé par la violence communautaire et familiale.

Il est à signaler qu’au niveau tant des organisations internationales en appui aux autorités étatiques que de l’initiative de celles-ci les efforts se multiplient, les actions s’intensifient pour éradiquer, sinon réduire le phénomène. La dernière initiative en date, visant à réduire la violence communautaire à Jérémie est un projet conjoint de l’ONUFemmes, OIM et le PNUD, en appui aux autorités locales, lancé à Jérémie, le 4 mai 2018.

Yvon Janvier source Le Nouvelliste

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